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Mise en ligne le 17/10/2017 08:14:48 Référence : 45484
Environnement : pourquoi le TRM ne peut plus être le bouc émissaire

Depuis plus de vingt ans, le secteur du transport routier de marchandises réduit son impact sur l'environnement. La FNTR et TLF rappellent quelques réalités à ceux qui s'acharnent encore à stigmatiser le camion. Quelques chiffres clés sont bons à entendre : 99 % des marchandises sont transportées par camion ; les poids lourds représentent seulement 6,7 % des émissions de CO2 françaises (contre 19,1 % pour les voitures particulières) ; entre 1995 et 2012, les émissions de CO2 des poids lourds ont été réduites de 28,2 % ; dans la même période, leurs émissions de polluants ont été drastiquement réduites : -97,2 % d'émissions de NOx, -97,2 % de particules, -86,6 % de monoxyde de carbone. Si les organisations ne disposent pas de chiffres plus récents, il est certain que l'avènement d'Euro 6 a encore largement accentué ces baisses.

Quant aux détracteurs de la route qui ne jurent que par le rail, ils devraient lire l'avis de la Cour des comptes qui évoque à propos du fret ferroviaire une « occasion manquée d'améliorer la compétitivité de l'entreprise Fret SNCF ». Vis-à-vis des opérateurs ferroviaires privés, celle-ci est toujours en pertes chronique et traîne une dette de 4 milliards d'euros en 2015, qui deviendront 5,1 milliards en 2020 compte tenu des investissements à faire. La grande réforme du cadre social ferroviaire de 2016, très coûteuse en jours de grèves, n'a rien résolu, au contraire : la durée annuelle de travail reste au final à 1 568 heures pour les personnels roulants, avec 126 périodes de repos annuels de 24 heures ! Fret SNCF a vu parallèlement le nombre moyen de jours d'absence par agent et par an augmenter (12,8 en 2014, contre 10,5 en 2009), alors que dans le même temps la rémunération brute moyenne par agent a augmenté de 2,8 % par an, contre 1,66 % pour le secteur transport et entreposage. Comme quoi, plus on est nanti moins on fait d'efforts... Il faut dire que ça ne doit pas être encourageant de travailler pour Fret SNCF : l'entreprise, qui avait acheté énormément de locomotives à Alstom sous le gouvernement Jospin pour atteindre les objectifs du plan Gayssot (doubler le trafic de la SNCF en passant à 100 milliards de tonnes-km), a ensuite passé son temps à réduire la voilure. Les effectifs ont fondu de 15 000 agents en 2008 à 7 420 en 2015. Son parc est tombé à une centaine de machines contre 262 auparavant. Bref, pour le fret ferroviaire, la rentabilité n'est pas encore au rendez-vous. Même constat du côté des opérateurs ferroviaires privés. Seule VFLI, filiale de droit privé de l'Epic SNCF spécialisée en transport combiné, fait des bénéfices, ainsi qu'Akiem. - MF

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