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Mise en ligne le 25/01/2018 18:28:43 Référence : 46001
Nouvelle séance de négos salariales pour le TRM : que cherche vraiment le patronat ?

Après une première séance de NAO (négos annuelles obligatoires) le 19 décembre dernier, la deuxième a eu lieu hier (le 24 janvier). Les revendications portées par tous les syndicats de salariés représentatifs au niveau national pour le TRM et été présentées aux fédérations représentant les employeurs visaient quatre points : +2,5 % sur les taux horaire en linéaire (pour toutes les grilles); harmonisation des grilles d'ancienneté, c'est-à-dire appliquer aux ouvriers celles dont bénéficient actuellement tous les autres collègues (ouvrier = +8 % pour 15 ans d'ancienneté; autres catégories = +15 % pour 15 ans d'ancienneté, sachant que les conducteurs sont toujours considérés aujourd'hui comme des ouvriers, malgré leurs responsabilités); suppression des jours carences maladie;13e mois.
Les fédés d'employeurs ont eu sur ces 4 revendications une réponse cinglante en limitant leurs propositions à +1,2 % d'augmentation en linéaire (ce qui ne prévoit même pas la revalorisation du Smic au 01/01/18....). Ils ont émis une fin de non-recevoir pour les trois autres points.
« Au vu de ces propositions, on peut se demander si la pénurie de conducteurs français ne serait pas souhaitée et entretenue par certains transporteurs hexagonaux afin de justifier dans un avenir proche l'embauche de conducteurs étrangers sous conditions de détachement », s'interroge Christophe Henry, un membre du syndicat FO Transport qui a participé aux négociations. Il précise : « Cela rend les conducteurs beaucoup plus malléables, et fait bénéficier les employeurs de cotisations sociales patronales très alléchantes (salaire français mais cotisations sociales applicables à la nationalité du salarié) ».
En effet, toujours selon Christophe Henry, ceux qui critiquent aujourd'hui cette concurrence déloyale sont souvent ceux-là mêmes qui exploitent les salariés détachés, en direct ou en tant que commissionnaires (affrètement), à des tarifs pourtant anormalement bas ! « Le système ayant ses limites qui se profilent à l'horizon, je pense que certains posent déjà leurs pions sur l'échiquier du futur, afin de pouvoir continuer à exploiter les travailleurs low cost, et surtout continuer à générer un maximum de profits ».
Au vu des « efforts » consentis par les employeurs pour rendre la profession de nouveau attractive, sur fond de conjoncture économique favorable et de nouvelles baisses des cotisations sociales patronales, on peut réellement et sérieusement se poser la question. Prochaine rencontre entre les partenaires sociaux sur ce sujet prévue le 19 février prochain. A suivre... - MF

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