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Enquête Péages autoroutiers Enquête Péages autoroutiers - 40 - - 41 - N°950 - Janvier 2017 N°950 - Janvier 2017 Encore une hausse scandaleuse Depuis des années, on nous répète que les tarifs des autoroutes sont encadrés par une haute autorité qui veille à ce que ces augmentations ne dépassent pas celle du coût de la vie. Madame Royal nous avait même annoncé qu'elle « allait tordre le bras des sociétés d'autoroutes ». La récente augmentation nous montre une fois de plus que, comme d'habitude, elle n'a rien tordu, si ce n'est le porte-monnaie des utilisateurs ! Il y a déjà dix ans que l'Etat a cédé sa poule aux œufs d'or à des sociétés de gestion privées. Une cession qu'il a négociée à des conditions déplorables pour les finances publiques. A l'époque, cet épisode a soulevé bien des contestations de la part des citoyens, qui y voyaient une perte des bijoux de la France à vil prix. Face à ce concert d'indignation, les actionnaires des grandes compagnies du BTP (Vinci, Eiffage et Albertis) se sont montrés très silencieux (voir LR n°942 p.72 à 78). Ils ont fait profil bas, se réjouissant en silence de cette bonne affaire et des bénéfices considérables qu'ils allaient en tirer... Et de fait, les affaires vont bien puisque les sociétés concessionnaires empochent 1,5 milliard des rentrées autoroutières tous les ans. Cette manne ne cesse de grimper car, sur les autoroutes, les prix grimpent chaque année, tout comme le nombre des usagers. Parallèlement, les services sont en diminution, ainsi que les effectifs du personnel autoroutier (30 % de moins en quelques années), ce que les concessionnaires justifient notamment par l'automatisation des péages. D'autre part et bien que les autoroutes soient très discrètes sur les tarifs des sous-concessions (stations, boutiques, restaurants...), il semble que ceux-ci aient là aussi augmenté de concert avec les péages déboursés par les voitures et les camions. Des tarifs qui ne cessent d'augmenter Pour ce qui est des tarifs des péages, l'autorité de contrôle devait limiter les augmentations des tarifs à un maximum de 70 % de l'inflation. Or ils vont encore augmenter de 0,76 % en moyenne au 1er février 2017. L'information a été annoncée par l'État fin novembre au Comité des usagers de la route. Une déclaration qui a à peine surpris tant elle était malheureusement attendue ! Dans la réalité, depuis des années les augmentations sont largement supérieures à ce qui avait été annoncé sous des prétextes plus divers les uns que les autres, et jusqu'à présent toutes les annonces de nos politiques sur le respect des règles n'ont été que des déclarations de politicards à la recherche de voix pour une prochaine élection (comme ce fut le cas pour madame Royal, dont le ministère a aujourd'hui la responsabilité des autoroutes). 3,3 milliards pour les actionnaires En guise de réduction, les usagers auront droit à une augmentation. En effet, le blocage des prix voulu par Royal ayant été décrété illégal au regard des contrats passés avec l'Etat, les autoroutes se sont bien rattrapées : avec Bernard Roman, président de l'Arafer (l'organisme de régulation des autoroutes), elles ont décidé un rattrapage. Elles ont calculé que le gel des tarifs de 2015 leur a coûté 500 millions. Un manque à gagner qui va être répercuté sur les usagers via un étalement sur les 20 prochaines années (bien sûr en sus des péages !). Ni l'Asfa (association des autoroutes) ni le ministère de l'Ecologie, dont dépend le secrétariat d'Etat aux transports, n'ont commenté... Voilà qui montre la faiblesse de l'Etat face aux autoroutes. Une faiblesse d'autant plus regrettable pour les usagers que lesdites sociétés ont des résultats financiers qui ont bondi de 7,3 %, pour atteindre un CA de 4,8 milliard d'euros en 2015, avec à la clé une distribution de 3,3 milliards aux actionnaires. C'est l'Etat qui finance les travaux Pas besoin de prendre sa calculette pour voir qu'en dix ans, les péages ont été boostés de 20 % a minima. Ces augmentations ne sont pas prêtes de se terminer, car ces trente prochaines années, les autoroutes vont avoir besoin de travaux importants (on parle de 3 milliards, et même d'une vingtaine de milliards si en croit les spécialistes du secteur). Et pour les financer, l'Etat ne pouvant se permettre d'investir, il a trouvé une solution moins onéreuse. Il va prolonger les contrats des sociétés d'autoroute de deux à quatre ans (si on en reste aux 3 milliards plutôt qu'aux 20) ou les autoriser à faire de nouvelles augmentations de tarif, beaucoup plus importantes que celles autorisées normalement par l'autorité de régulation. Ces décisions sont le résultat de contrats secrets entre l'Etat et les sociétés de gestion. Les travaux sont certes financés par l'Etat, mais ils font la joie des sociétés d'autoroute, car celles-ci sont des filiales de grandes sociétés du BPT. Certes, en théorie elles doivent avoir recours à des appels d'offres et n'ont donc pas le droit d'attribuer leurs chantiers à leurs sociétés-sœurs ou à leur maison-mère. Mais on peut douter du respect total de cette règle si on en juge l'efficacité très relative que l'autorité de la surveillance des autoroutes a mise à s'occuper de surveiller l'augmentation des tarifs... En plus, on est parfois surpris par la nature des travaux entrepris sur les autoroutes sur certains points du réseau. Ils laissent plutôt penser que lesdites sociétés cherchent avant tout à faire tourner leurs filiales locales. Les exemples sont légion, notamment dans le cadre des travaux visant à gérer les flux de véhicules dans les aires de repos et les stations. Autre exemple : la mise à trois voies de certains tronçons déserts (comme au nord de Châteauroux) alors que des portions d'autoroutes surchargées (comme sur l'Autoroute du soleil) restent à deux voies, avec tous les problèmes qui vont avec, dont bien sûr les accidents. • Thierry NAUX Photos X D.R. Source ARAFER Certains travaux d'aménagement sont très contestables, comme sur l'A20, au nord de Châteauroux. Par contre, à d'autres endroits, on les attend encore, alors que la sécurité en dépend. Réaction aux augmentations De façon assez surprenante, ce sont les organisations comme 50 millions d'Automobilistes qui se montrent les plus « bruyantes » pour protester contre les augmentations. Les transporteurs restent semble-t-il assez passifs, même si l'OTRE réagit aux hausses de tarifs applicables au 1er février. A l'annonce des prochaines hausses de péages, l'OTRE s'est fendue d'un communiqué pour dénoncer cette mesure, qu'elle qualifie d'injustifiée et injustifiable. Elle explique que ces augmentations sont le résultat d'une opacité dans les relations entre l'État et les sociétés concessionnaires. Cette organisation fait aussi le point sur les nouveaux tarifs qui vont être appliqués. Sur le réseau des Autoroutes du sud de la France (ASF) géré par Vinci, la hausse atteindra 1,197 %, soit davantage que celle prévue par le réseau APRR (+ 0,896 %) et les autoroutes des sociétés Sanef et SAPN (+ 0,582 %), tandis que le réseau de la société Cofiroute connaîtra l'augmentation la plus modérée (+ 0,572 %). Or, malgré le rappel que les hausses sont opérées sur les principes de calcul prévus dans les contrats de plan et rien d'autre, trois sociétés ont procédé à des augmentations plus importantes pour les véhicules de classe 3 et 4. L'OTRE rappelle que les hausses des tarifs sont en totale contradiction avec le vœu du gouvernement d'inciter les poids lourds et autocars à utiliser le réseau autoroutier. L'OTRE saisit le ministre Dans ce même communiqué, l'OTRE annonce qu'il va saisir la ministre Ségolène Royal et le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies pour qu'ils refusent cette hausse en prononçant un gel des tarifs, comme cela a été obtenu en 2015. Depuis ce communiqué, l'OTRE est resté silencieux, ce qui sous-entend que le ministre s'est montré sourd aux demandes des professionnels de la route, ou tout simplement qu'il a refusé le dialogue, comme c'est trop souvent le cas. La FNTR attend A la FNTR, on remarque que les augmentations des péages sont quelque peu passées au deuxième plan par rapport aux nombreux sujets très importants de désaccord qu'il y a en ce moment. Sa déléguée générale Florence Berthelot (photo) reconnaît que si sa fédé n'a pas beaucoup communiqué sur les augmentations des tarifs des autoroutes, elle regrette particulièrement que le Comité national des usagers ne fasse pas son boulot de « table de négociation ».Selon elle, ce comité n'est qu'une chambre d'enregistrement de décisions qui sont totalement à sens unique. Mais la déléguée générale explique : « On ne peut être que remontés contre l'importance des hausses de péage. Pour la période 2005-2016, elles sont de 52 % en moyenne, alors que l'inflation n'a été que de 14 % sur la même période ! ». Certes, les autoroutes françaises sont les plus belles d'Europe. Il n'en demeure pas moins qu'elles sont aussi les plus chères. Photos X D.R.