presentationequipeabonnementboutiquepubContact

N°959 - Novembre 2017 Prise en main Nouvelle génération Daf Dans l'ombre des XF et CF, le petit LF Si certains constructeurs ont attendu que le carburant flambe pour réduire la consommation de leurs camions, Daf cultive cette façon de faire depuis le milieu des années 80 avec la génération ATl. Le constructeur hollando-américain n'a plus jamais dérogé à la notion de basse consommation, qu'il vient d'adapter au LF, dans la foulée des XF et CF. Daf s'est taillé une place enviée sur le secteur des grands-routiers, dont il est devenu l'un des leaders en Europe. En juin dernier, nous vous avions présenté les XF et le CF nouvelle génération (voir LR n°955), avec toutes les modifications dont ils avaient bénéficiées pour être véritablement dignes de l'adjectif « nouveau », malgré le peu de différences visibles de l'extérieur... Le FL de 7,5 t dernière génération vient à son tour d'être dévoilé. Le petit porteur de distribution urbaine aussi est passé au moulinet des économies de carburant. Et surtout, avec cette nouvelle variante dotée d'un petit moteur de 3,8 l baptisée LF City, Daf a fermement décidé de piétiner le pré carré d'Iveco, le leader incontesté du secteur, qui y règne en maître avec son gros Daily et son Eurocargo. Une prouesse de personnalisation Les stylistes de Daf ont réussi le tour de main incroyable de donner à la cabine du LF un look de Daf 100 % hollandais, ce qui en fait un digne frère du XF (dont la cabine a été conçue avec Pegaso) et du CF (de conception Daf). Si on souligne cette prouesse de personnalisation de la cabine du LF, c'est qu'à l'origine il s'agit d'une production bien française signée Renault Trucks. Elle est donc un clone de la cabine du Premium Distribution de Renault et de sa copie suédoise, la LF de Volvo ! Plus cossu que  ses concurrents Dès que l'on monte à bord, on sent qu'on est dans un camion plus cossu que ses concurrents, même s'il est pour le moins dépouillé du superflu, comme tous ceux de cette catégorie...Une conception que nous regrettons car à notre avis, le boulot de livreur étant parmi les plus stressants et difficiles à exécuter, leur conducteur mériterait plus d'attention dans la conception de leur lieu de travail. Cela dit, le LF City est très à l'image de ses concurrents, et notamment de la référence du secteur, l'Iveco Eurocargo. Ceux qui conduisaient auparavant des véhicules issus d'utilitaires (Nissan NV400, Renault Maxity, Fuso Canter ou Isuzu N) verront une grande différence : le Daf est un véritable camion spacieux, avec même 3 véritables sièges dans certaines versions. Ce confort se paie sûrement par quelques kilos de poids mort, mais sera apprécié à sa juste valeur par les conducteurs-livreurs. Si on se trouve bien à bord, c'est aussi grâce au volant et aux sièges réglables, aux espaces de rangements et surtout aux pédales parfaitement alignées (ce qui n'est pas la règle sur les véhicule nippons) et à une bonne visibilité. Pas de boîte auto... On déplore cependant la possibilité de l'avoir en boîte automatique, d'autant que la boîte Eaton est particulièrement rétive, surtout dans les derniers rapports (elle en a 5 avant et un arrière). C'est bien dommage, car l'embrayage a beau être très doux et progressif, cela ne suffit pas ! Il paraît qu'une boîte automatique pourrait être envisagée, à condition qu'il y ait de la demande... La direction est précise et bien démultipliée. Et la suspension, bien que de conception hyper traditionnelle, filtre bien les irrégularités du sol, grâce à la barre antiroulis. Le moteur est un Cummins (qui le produit en Grande-Bretagne). Ce 4-cylindres de 3,8 l a été mis à la sauce Daf pour le LF, en s'appuyant sur une simplicité de conception qui permet d'offrir des entretiens très espacés. D'où le choix d'un turbo non doté d'une géométrie variable, avec une soupape de décharge destinée à éviter la présence d'un dispositif EGR toujours source de problème. Bref, d'un aspect sympa et bien intégré à la famille Daf, le LF City est d'une conception parfaitement traditionnelle et robuste, en bon camion hollandais. Il a donc des chances de plaire dès lors qu'il sera doté d'une boite manuelle plus agréable à utiliser, ou encore mieux d'une boite auto. • Marie FRÉOR La direction, précise et bien démultipliée, permet de bien se glisser dans les circulations les plus chargées. Le tableau de bord n'est pas aussi soigné que celui du XF (ci-dessous). Photo Fréor La révolution silencieuse des XF et CF Pour célébrer l'arrivée de ses nouveaux LF sur les différents marchés européens, Daf a organisé une prise en main de l'ensemble de sa gamme, y compris ses grands-routiers et camions de distribution. Les essayeurs venus de toute l'Europe ont eu à leur disposition une impressionnantes gamme de tracteurs et porteurs XF et CF. A l'occasion de la présentation du LF, on a pu prendre le volant de nombreuses configurations de CF et XF. Ils étaient dotés de tous les modes de traction possibles, histoire de montrer que le constructeur néerlandais sait faire autre chose que des porteurs et tracteurs 4x2 et 6x4 : Daf offre aussi des véhicules multi-essieux, des toupies à bétons, des camions tout-chemin ou de travaux publics...Car depuis peu, la marque hollandaise commence à s'attaquer aux travaux publics et aux acheminements chantiers. Mais nous, notre truc, ça reste le secteur des grands-routiers. Le premier qui nous a tentés fut donc le XF. Nous n'avons pu lui résister, d'autant que sur le parking il y avait un en finition Exclusive Line qui nous faisait de l'œil. Si d'extérieur cette nouvelle génération se différencie uniquement par des transformations peu marquantes, on est restés impressionnés par le niveau de finition intérieure quasi parfait, encore plus marqué sur le modèle Exclusive Line. En toute objectivité, un séjour derrière le volant permet d'affirmer clairement que la qualité perçue des XF et CF n'a plus rien à envier au plus luxueux des suédois ou des allemands, qu'il se nomme Scania, Volvo, Mercedes ou Man. Plusieurs couleurs d'aménagement (garnissages de portes et sièges en cuir bicolore aux surpiqûres très classes) sont proposées pour s'assortir avec la planche de bord marron clair dotée de très belles inclusions d'alu et de bois. Dans la série des petits détails qui changent le quotidien, l'ensemble des commandes d'éclairage intérieur sont dorénavant beaucoup plus intuitives, avec une molette multifonction qui intègre même le variateur d'intensité lumineuse de la cabine. Comme sur les Renault, on peut personnaliser son poste de conduire en choisissant le placement des boutons, qui sont pour beaucoup interchangeables. Même les CF peuvent bénéficier de cette finition très classieuse, contre un supplément de l'ordre de 5 à 6 000 € (suivant les modèles). Voilà qui fait du « petit CF » un camion très agréable à vivre, même pour celui qui découche de temps à autre. Pour ceux qui y dorment régulièrement, les XF et CF sont dotés d'un nouveau chauffage. Certes pas totalement autonome, mais Daf a la bonne idée d'utiliser la chaleur résiduelle du refroidissement moteur. Associé à un ventilateur automatique, cela permet de chauffer la cabine près de trois heures après l'arrêt complet du véhicule. Avec cette nouvelle version du grand-routier XF, Daf a réussi à placer la plus vieille cabine européenne au niveau des tout nouveaux FH et autres Actros. Rappelons qu'elle est née d'une coopération hollando-hispanique de Daf avec Pegaso en 1998. C'est particulièrement bien joué ! Des couples moteurs renforcés Pour ce qui est des moteurs, le MX11 est proposé en 300, 340, 370, 410 et 450 ch et le MX13 en 430, 480 et 530 ch. Globalement, les couples moteurs ont été renforcés à des régimes plus bas. Cela, outre le fait de rendre les moteurs théoriquement plus silencieux, participe à une réduction de la conso. Mais pour nous, la véritable nouveauté mécanique est l'adoption de la nouvelle boite de vitesses ZF, la TraXon. En plus de sa réduction de poids par rapport à l'AsTronic, elle est beaucoup plus silencieuse, rapide dans ses passages, plus agréable à manier et parfaitement adaptée aux régimes moteurs plus bas. Avec cette nouvelle génération, de camions, le constructeur hollando-americain continue sa révolution à petits pas, avec pour règle immuable de privilégier l'évolution à la grande révolution. Les XF et CF en sont la parfaite illustration. Photos X D.R. Le moteur du LF conçu par Cummins a été adapté pour Daf afin d'avoir une durabilité maxi et de longs intervalles d'entretien. Les XF et CF nouvelle génération se différencient notamment par le nouveau logo Daf sur la calandre, et par leur visière. Concurrent affiché d'Iveco La catégorie des 7,5-tonnes comprend deux types de véhicules : ceux issus des fourgons et ceux issus des camions. L'italien Iveco règne en maître dans ces deux catégories. Daf a décidé d'y faire son entrée car, avec les nouvelles réglementations, cette gamme de véhicules pourrait prendre de l'importance. Le secteur des maxi-utilitaires et des minicamions de livraison urbaine est largement couvert par les constructeurs automobiles ou de camions. Les premiers produisent des véhicules hybrides mi-voiture mi-camion, comme par exemple Mercedes avec le Sprinter, Renault avec le Master ou Volkswagen avec le Crafter...Les seconds font des petits camions directement dérivés du véhicule industriel, comme Fuso, Isuzu, Mercedes, Nissan, Renault Trucks et Iveco. Depuis des années, la marque italienne domine de façon insolente ce secteur, que ce soit avec des maxi-fourgons Daily ou avec des minicamions Eurocargo. De son côté, sous la pression de sa maison-mère américaine Paccar, Daf cherche sa place dans le minicamion de distribution pour retrouver son rang de généraliste du transport de marchandises. Il a pour ça une bonne motivation : les évolutions législatives pourraient leur ouvrir un boulevard. Photos X D.R. Si le D Renault et le FL Volvo sont des clones parfaits dans leur ensemble (et pas seulement de par leur cabine), le Daf LF a reçu un habillage spécial et n'a hérité de Renault que certains éléments de la cabine. Dommage que le LF ne soit pas proposé avec une boîte plus agréable à manipuler, voire automatique.