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N°978 - Juillet/Août 2019 Profession Le TRM vu de l'extérieur Essentiel, et pourtant cloué au pilori Mais quand le grand public et les médias comprendront-ils combien la vie quotidienne doit aux camions et au transport routier en général ? Sans eux, rien ne fonctionnerait ! Ce rouage essentiel de l'économie a du mal à se faire reconnaître en tant que tel, alors que ce secteur montre l'exemple en termes de véhicules propres et d'environnement. «Le transport routier de marchandises reste le moyen le plus efficace et efficient pour livrer en temps voulu, à moindre coût, en toute sécurité. Il est temps de le faire savoir ! ». Dans son message de début d'année à l'intention des politiques, le patron de Daf Trucks France, Philippe Canetti, a très bien synthétisé ce que ressentent les nombreux acteurs du transport routier de marchandises en France. Sous le titre « Je souhaite qu'en 2019 la raison l'emporte », il remet les choses à plat, pour inciter ceux qui nous gouvernent à une objectivité optimale, notamment sur les sujets environnementaux. « Quel que soit notre maillon dans la chaîne du transport routier de marchandises, personne ne peut nier notre impact environnemental et aucun ne doit se soustraire à ses responsabilités », admet le responsable. Pour montrer que les constructeurs font bien face à leurs responsabilités, Philippe Canetti rappelle combien ils ont tous lourdement investi en recherche et développement, infrastructures, etc., pour aboutir à des baisses de consommation significatives (donc à des baisses équivalentes d'émissions de CO2). En outre, dans la filière de la distribution urbaine et périurbaine, ces mêmes constructeurs de véhicules industriels répondent à la fois aux contraintes liées aux émissions de polluants toxiques, aux émissions de CO2, mais aussi à la pollution sonore. Car rendre les camions silencieux permet de livrer la nuit et ainsi de délester les routes en journée. Le patron de Daf France pointe cependant la tendance générale à vouloir « faire rêver les gens » en leur faisant croire que le transport de marchandises ne pourra se faire qu'avec des camions au gaz, hybrides ou électriques. Il plaide pour que l'application des décisions liées à l'utilisation de ces nouvelles énergies prenne en compte toute la chaîne de valeur, et pas seulement le transport. Quid des aides au renouvellement ? Autre point d'achoppement : les gouvernants ne se sont pas vraiment préoccupés de créer de véritables aides au renouvellement des véhicules les plus anciens (et donc les plus polluants) par des véhicules de toute dernière génération. Comment dans ces conditions s'attendre à un renouvellement massif du parc français ? Le secteur du transport frigorifique sera, selon Philippe Canetti, le premier impacté par ces grandes mutations. Pour avancer sur ce marché, Daf, à l'instar de ses concurrents, travaille sur des véhicules qui diffèrent en fonction des contraintes spécifiques en zones périurbaines, interurbaines et longue distance, car il s'agit de trois activités distinctes. Pour les zones urbaines et périurbaines, le constructeur hollandais a opté pour le 100 % électrique et l'hybride. Le LF 19 t électrique qu'on a vu à l'IAA en 2018 sera sur nos routes en 2020 et le CF a hybride rechargeable arrivera en France en septembre. La sécurité aussi progresse L'énorme travail fourni par les constructeurs pour améliorer la consommation (donc les émissions de CO2), les émissions de particules et la pollution sonore n'est pas le seul élément qui peut contribuer à une meilleure acception des camions par l'opinion générale. De gros efforts sont aussi fournis en faveur de la sécurité. En ville, la protection des piétons et des cyclistes est essentielle pour améliorer le regard du public sur les camions, qui n'ont souvent pas de visibilité sur ce qui les entoure. La France pousse beaucoup à la roue ces derniers temps pour les obliger à se doter de dispositifs de détection d'angles morts et autres systèmes de sécurité, mais l'Europe va peut-être aller plus vite qu'elle. En effet, la révision du règlement général sur la sécurité (GSR) pour les poids lourds proposée par la Commission européenne en 2018 a été adoptée à une large majorité en avril 2019 par le Parlement européen. Ce texte doit encore être approuvé par le Conseil des ministres de l'UE (vraisemblablement en septembre prochain), mais a priori, rien ne s'y opposera. Voici donc ce qui se profile en termes de nouveaux dispositifs de sécurité pour tous les camions neufs à compter de mai 2022, destinés à protéger passagers, piétons et cyclistes. • Le freinage d'urgence et le système d'urgence de maintien de la trajectoire, quand ils ne sont proposés qu'en option, devront être de série. • Un avertisseur en cas d'excès de vitesse, plutôt qu'un simple limiteur de vitesse. Il s'agirait d'un dispositif capable d'adapter la vitesse de façon intelligente, le dispositif étant basé sur les cartes GPS et les panneaux de signalisation. Il avertira le conducteur lorsque la vitesse autorisée sera dépassée. Quid des panneaux de signalisation incorrects ou dissimulés dans les buissons ? Selon le Parlement européen, cette mesure pourrait réduire de pas moins de 20 % le nombre de décès sur les routes de l'UE ! • Un éthylomètre antidémarrage • Un avertisseur de somnolence et de perte d'attention du conducteur. • Une « reconnaissance avancée de distraction du conducteur ». Sachant qu'il s'agit d'une analyse du regard, que se passera-t-il si le conducteur porte des lunettes réfléchissantes ? • La détection d'obstacles en marche arrière via une caméra • Un système de surveillance de la pression des pneus • Une sorte de boîte noire (comme dans les avions) capable de restituer les conditions dans lesquelles se produisent les accidents. Réduction des angles morts Pour réduire les angles morts à l'avant et du côté du conducteur, deux options sont préconisées : des capteurs de présence, ou bien de caméras de surveillance placées autour du véhicule. Enfin, les camions devront être équipés d'une vitre en bas de portière passager comme celle que Renault notamment a intégrée à sa benne à ordures D Wide électrique, offrant une vision directe sur les piétons et cyclistes (photo). Allez savoir pourquoi, sur ce point précis, les nouveaux modèles devront en être équipés à compter de novembre 2025 et les modèles existants à compter de novembre 2028. Pour tous les autres dispositifs avancés, les modèles existants auront deux ans de délai par rapport aux camions neufs, c'est-à-dire qu'on leur laisse jusqu'à mai 2024... Texte : Marie Fréor · Photos : Fréor et X D.R.

 

 

 

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