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N°963 - Mars 2018SalonVu à Solutrans Dans le sens du progrès Les avancées sur tous les fronts observées chez les exposants de Solutrans ont rempli notre panier pour plusieurs mois... Dernier épisode du feuilleton avec nos découvertes chez des équipementiers et des carrossiers, qui facilitent la vie des conducteurs et permettent de rouler plus efficacement.Nous terminons notre saga Solutrans avec une visite chez Grœneveld, Chéreau et Lamberet... Des petites évolutions aux innovations plus marquantes, voici ce qu'il en ressort.Chez Grœneveld« Avant, le graissage automatique était un standard chez Daf », se souvient-on chez Grœneveld, groupe hollandais tout juste revendu à Timken, un énorme industriel d'Atlanta (US), concurrent notamment des roulements SKF. Volvo, Scania, Renault et Daf le proposent aujourd'hui en option. A ne pas confondre avec le graissage centralisé, qui agit via un seul point, mais sans pompe. Autres activités de Grœneveld qui peuvent intéresser les transporteurs et leurs conducteurs : la mise à niveau automatique d'huile moteur, ou encore un radar de recul adapté à une structure arrière, que ce soit une remorque ou un porteur. « Quand le conducteur enclenche le contact, le radar indique la présente d'obstacles sur un petit boîtier à Led (vert, orange, rouge, selon la distance). Si le transporteur a opté pour un écran, on peut coupler cette détection avec des images de caméras, que nous fournissons également ». L'exclusivité de la marque hollandaise devenue américaine, c'est que la détection et la visualisation se font dans le même dispositif. Pas moyen d'obtenir un prix, mais une chose est sûre, c'est cher ! Cependant, des aides de la Cram (caisse régionale d'assurance maladie) existent, et certaines compagnies d'assurances baissent leurs primes.Chez ChéreauLa semi multiplexée, c'est super, mais l'idéal, c'est d'avoir un tracteur prêt à dialoguer avec elle... Solutrans a permis à Chéreau de présenter une présérie de six tracteurs connectés, dont un T Renault en fonctionnement chez Lahaye, qui s'appuie sur le même type de boîtier que Volvo. Quatre autres roulent chez des clients, et trois sont le parc de démonstration de Chéreau.Chez Lamberet Télématique Frigomatics sur tabletteLamberet aussi a mis à profit son expérience importante sur le sujet de la connectivité. « Notre application de télématique Frigomatics s'appuie depuis 2013 sur un Bus-Can multiplexé chauffeur-semi, plutôt que sur le dialogue tracteur-semi », affirme-t-on chez le carrossier, qui part du principe qu'une semi, dans 90 % des cas, est dissociée du tracteur et manipulée par des tractionnaires. « On a dans ce cas opté pour l'affichage des infos sur smartphone ou tablette et via des alertes SMS, plutôt qu'au tableau de bord. Pour les opérateurs sur le quai, loin du tracteur, ou pour les chauffeurs partis déjeuner sans brancher leur groupe frigo, par exemple, ça paraît plus logique ».Premier véhicule frigo à hydrogèneLe prix Or des trophées Innovation a été décerné au Vul hybride hydrogène-électrique conçu par Lamberet sur une base Kangoo ZE. « A l'origine, l'autonomie réelle en frigo d'un Kangoo électrique est de 100 km... Avec l'hydrogène, on la triple ! Du coup, c'est une réelle opportunité, économiquement viable, pour les spécialistes de la distribution du dernier kilomètre ». Techniquement, le kit d'isolation innove avec une paroi latérale démontable qui permet d'accéder à l'ensemble du cheminement de l'hydrogène pour une visite de contrôle annuelle. Seconde innovation, le groupe frigo électrique, de marque Kerstner (appartenant au groupe Lamberet), est adapté pour lisser ses pics de consommation afin d'être alimenté exclusivement par une pile à combustible Symbio Cell (dont Michelin est le principal actionnaire). La pile recharge également les batteries de traction par l'intermédiaire d'un système de gestion de puissance. Cette solution permet de gagner en autonomie sans grever le poids et respecte le cahier des charges constructeur qui interdit de brancher un groupe frigo sur les batteries de traction.Gros avantage d'un véhicule fonctionnant à l'hydrogène : il se recharge en deux minutes, ce qui est très pratique entre deux tournées ! Reste à trouver des points d'avitaillement. Mais les énergéticiens profitent de plus en plus du développement des stations au gaz pour mettre en place des stations multi-énergies, GNC, GNV, azote et...hydrogène ! Contrairement à l'azote, pas besoin d'une protection quelconque pour faire le plein, même si les réservoirs sont comprimés à 350 bar. Soulignons par ailleurs qu'on peut passer manuellement ou automatiquement au mode électrique si l'hydrogène vient à manquer.Le Kangoo hybride est commercialisé à 50 000 € l'ensemble... Soit 15 000 € de plus qu'un Kangoo frigorifique électrique, et 22 000 de plus qu'un thermique. Mais, selon Lamberet, qui table sur 50 à 60 unités vendues par an, son véhicule est éligible à des aides régionales jusqu'à 16 000 € et le prix baissera forcément avec la production en série. Bientôt un Master hybride à hydrogène ?Le nouveau Master ZE de Renault va pouvoir se voir, de la même façon, ajouter une pile à combustible pour prolonger l'autonomie. Etant donné la charge utile limitée du Master électrique, le challenge est de taille car pour limiter leur poids il faut agir sur la pile et la carrosserie. « La recherche de poids est un axe stratégique de notre R&D et un facteur clé de succès. Nous disposons déjà de la semi-remorque la plus légère du marché, 6 800 kg à vide hors groupe. Nos Vul et le projet Master ZE bénéficient de ce savoir-faire en matière de poids ». Lamberet a environ trois ans d'avance sur l'adaptation de la pile à combustible à hydrogène aux véhicules frigorifiques : « Nous sommes au stade de la commercialisation et de la série quand d'autres sociétés font état de projets ou prototypes ».AeroSR2, fille de l'Urban Lab 2Sur le stand du carrossier à Solutrans, on découvrait aussi un « Concept Trailer » qui ressemblait étrangement au Proto Urban Lab 2 de Renault Trucks (carrossé par Lamberet). Véritable surprise du salon, cette « AeroSR2 » préfigure la nouvelle génération de semi-remorques commercialisées fin 2018 par Lamberet. Entre autres dispositifs remarquables, l'AeroSR2 s'équipe d'Aerotails, des appendices aérodynamiques fixés aux portes arrières et que le code de la route autorise désormais, puisqu'il tolère jusqu'à 60 cm de dépassement. Pas de problème de conformité, ni de gêne en opération : les aérotails innovent en se repliant automatiquement avec le mouvement de la porte, en toute transparence pour le chauffeur. Concernant l'aérodynamique, d'autres concepts de pointe sont repris de l'Urban Lab 2 sur les futures semi-remorques Lamberet, tels que le captage de l'air sous le châssis et son éjection via un diffuseur. L'économie procurée et validée par les tests de l'Urban Lab 2 est au minimum de 2% de consommation en usage mixte, ce qui n'est pas négligeable...A cela, Lamberet ajoute une nouvelle signature lumineuse protégée par un support inédit qui pivote dans les deux sens. La sécurité des conducteurs étant l'une de ses grandes préoccupations, le carrossier a conçu un emmarchement d'accès escamotable avec une rampe à déploiement intégré compatible hayon et une cloison multitempérature à la fois solide et légère (elle se soulève avec un doigt !) faisant appel à des matériaux révolutionnaires tels le polycarbonate. Le bonheur pour les conducteurs souffrant de maux de dos... On devrait pouvoir tester cette semi du futur dès le salon IAA, si on en croit Lamberet. •Marie FRÉORPhotos X DRLe Vul hybride hydrogène-électrique conçu par Lamberet sur une base Kangoo ZE permet de tripler l'autonomie par rapport à la version 100% électrique.Pour son AeroSR2, qu'on pourra tester au prochain IAA en automne, Lamberet a repris des concepts aérodynamiques développés pour l'Urban Lab 2 de Renault Trucks. Le carrossier y a aussi intégré des éléments que les conducteurs apprécieront, comme un emmarchement d'accès escamotable avec rampe, ou encore une cloison multitempérature qu'on peut relever d'un doigt.