presentationequipeabonnementboutiquepubContact

   

N°994 - Janvier 2021 Texte : Marie Fréor · Photos : Fletcher et Vinci Circulation Lutte contre l'enneigement des autoroutes Comment ça marche ? Vinci gère près de la moitié du réseau d'autoroutes concédées en France. En s'appuyant sur son exemple, on s'est demandé comment un concessionnaire fait face aux premières neiges. Et d'où vient le mauvais traitement des routiers, que ceux-ci associent souvent à de l'impréparation. Ce que coûte le dépassement d'un chasse-neige Selon l'Article R414-17 du Code de la route, doubler un chasse-neige en action sur la chaussée est une infraction de 4e classe, punie d'une amende de 135 €, voire d'une suspension de permis (pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle). Quel routier n'a pas déjà été « stocké » pendant des heures par mesure de précaution en cas d'intempérie ? Les camions sont en général les premières victimes des chutes de neige... Dans ce cas, les interdictions de circuler les obligent à attendre dans le froid souvent toute une nuit, voire plus, en général sans information et sans moyen de se ravitailler. Ils doivent endurer leur triste sort jusqu'à ce que les chasse-neige fassent place nette et qu'un préfet ordonne la réouverture d'une autoroute ou la levée d'un stockage. Auquel cas les concessionnaires autoroutiers n'oublient pas d'exiger le montant du passage... avec à la clé de nouveaux bouchons aux barrières de péage. Pour éviter de nouvelles colères On a trop vu d'exemples de la sorte pour ne pas se souvenir de la colère provoquée par ce que beaucoup qualifient d'inconséquence de la part des gestionnaires d'autoroute, voire d'incompétence. Cette année, alors que l'arrivée des premières neiges sur les massifs français marque le début de la saison hivernale pour l'ensemble de ses équipes, Vinci Autoroutes a décidé d'expliquer son action. « D'octobre à avril, plus de 2 000 collaborateurs de Vinci Autoroutes se mobilisent en cas d'alerte neige tout au long des 4 443 km exploités, rappelle la société française. Pour la région Auvergne Rhône-Alpes notamment, qui est la plus touchée par les chutes de neige, 235 personnes sont prêtes à intervenir 7j/7 et 24h/24 ». Ce sont donc eux qui sont chargés de surveiller de près les conditions de circulation en fonction des prévisions météo et d'intervenir au plus vite pour permettre aux conducteurs de continuer à circuler, quel que soit le temps. Ils sont formés pour anticiper les phénomènes neigeux et de verglas, évaluer leur impact sur la chaussée et les traiter en conséquence. En Auvergne Rhône-Alpes, une centaine d'engins d'intervention (salage et déneigement) sont à leur disposition, répartis sur les autoroutes A711, A89, A72, A46 et A7. En préventif, la technologie choisie (salage, épandage de saumure ou raclage) dépend des conditions en temps réel. En cas de neige, les chasse-neige opèrent des rotations régulières, selon un rythme préalablement défini en fonction du secteur concerné et de la nature du revêtement de la chaussée. L'objectif est de libérer a minima une voie de circulation et de la maintenir « au noir ». Chaque engin est capable de traiter une voie sur 35 km en 1 heure, mais il suffit d'un seul véhicule en travers des voies, comme un poids lourd en difficulté par exemple, pour empêcher l'intervention des équipes et bloquer les opérations de déneigement. « C'est pour cette raison que le code de la route interdit le dépassement des engins de salage ou de déneigement en action (reconnaissables grâce au gyrophare bleu allumé) », rappelle Vinci (voir encadré p.40). Que fait le préfet de la région ? Le rôle des autorités préfectorales est d'activer et d'assurer le déploiement des « plans intempéries ». Ces plans servent notamment à coordonner les différents acteurs (forces de l'ordre, préfecture, communes, gestionnaires de voiries, protection civile...). C'est aussi le préfet qui décrète les interdictions de circuler, le stationnement temporaire obligatoire des poids lourds, la fermeture d'échangeurs d'autoroute, les déviations et itinéraires bis...