presentationequipeabonnementboutiquepubContact

   

N°996 - Mars 2021 Texte : François Gilbert · Photos : X D.R. Dossier Formation L'emploi et la formation en TRM Zones de turbulence pour le TRM ? L'année 2020, marquée par la crise sanitaire, n'a pas totalement freiné les formations ni les embauches de conducteurs dans le transport routier de marchandises, secteur moins touché que d'autres. Quid de 2021 ? L'an passé, les chauffeurs routiers ont pleinement participé à maintenir le déplacement des marchandises et permettre ainsi aux entreprises de continuer à produire sans rupture de la chaîne. L'e-commerce et l'alimentaire ont été les principaux secteurs qui ont fait progresser le transport en national. Cette tendance devrait se poursuivre pour le début de 2021. Etat des lieux Selon l'enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO), réalisée annuellement par Pôle emploi avec le concours du Crédoc, les métiers qui ont été décrits par les employeurs comme les plus difficiles à recruter en 2020 ont trait à la conduite routière : 73 % des recrutements de conducteurs routiers sont perçus comme difficiles en 2020 (contre 76 % en 2019). Pourtant, en raison du contexte, il y a eu davantage de demandeurs d'emploi... D'où l'importance pour tous ceux qui veulent devenir chauffeurs routiers d'opter pour une formation longue (type Titre pro). D'une durée de 350 heures (315 heures de formation dont 70 heures en entreprise + 35 heures de session de validation), cette formation prépare mieux les candidats au métier de conduite. Pour les jeunes (à partir de 16 ans), il est conseillé de suivre la formation CAP conducteur routier de marchandises sur deux ans et en alternance... Selon Michel Chalot et Bruno Lefebvre, respectivement président et vice-président de l'OPTL, l'emploi dans la branche (tous secteurs confondus) aurait baissé de 0,5 % en 2020. Sur 387 289 salariés en marchandises, 77 % sont des conducteurs, la majorité en PL courte distance/régional, dont 3 % de conductrices. Difficile de se faire une idée précise du nombre de personnes ayant été formées, 2020 n'étant pas une année « normale ». Si l'on prend 2019, l'année de référence du rapport de l'OPTL, le TRM a raflé la mise : • Sur 39 541 Titres pro délivrés, 15 209 étaient en porteur et 4 083 sur « tous véhicules ». • Il y a eu 1 541 CAP conducteur routier marchandises et 1 415 CAP livreur. • Du côté des Fimo marchandises, il y a eu 15 985 reçus et 90 593 en FCO. • Enfin, 44 633 formations d'accès au métier de conducteur routier ont été cofinancées en 2019 par l'AFT. Quant à 2021, marquée par l'incertitude, elle sera espérons-le éclairée par les travaux de veille de l'OPTL, qui suit de près l'évolution du marché du travail et des besoins en compétences dans le transport et la logistique. Parole aux directeurs Face à la crise sanitaire, les organismes Aftral et Promotrans se sont adaptés en proposant notamment des formations à distance. Les organismes de formation ont maintenu le cap contre vents et marées, assurant une continuité dans les formations du transport routier. Les protocoles sanitaires sont toujours maintenus aujourd'hui et les cours pratiques en centre ont repris. L'année 2021 est bien repartie. Loïc Charbonnier, président délégué général chez Aftral Malgré la pandémie, Aftral, organisme majoritaire de formation du transport routier, a été réactif, estime Loïc Charbonnier, le président délégué général, qui manage près de 1 400 formateurs... A ce jour, aux 120 centres de formation continue à travers le territoire s'ajoutent 85 centres spécialisés dans la formation des apprentis (CFA Transport-Logistique) entre autres. Aftral a formé 228 000 personnes en 2020, soit 5 % de plus qu'en 2019. « Les besoins de recrutement des entreprises de transport, surtout en marchandises, n'ont pas ralenti. Bien sûr, le premier confinement a mis tout le monde en pause, mais par la suite, il a fallu redémarrer et reprogrammer les formations... ». Parmi les formations en augmentation, on notera celles de préparateurs de commandes et de caristes avec le développement du e-commerce. L'apprentissage a aussi le vent en poupe avec +50 % de jeunes conducteurs, soit 600 conducteurs supplémentaires par rapport à 2019 (1 300 en 2019 et près de 2 000 en 2020). « Les obligations réglementaires nous forcent à avoir un certain nombre de cours en centre, on ne peut pas y échapper, explique Loïc Charbonnier, mais cette crise nous a conduits à réfléchir à une nouvelle stratégie de formation : nos centres ont été équipés de dispositifs ??Zoom Room'' avec des caméras, des écrans tactiles, des micros, pour reconstituer de chez soi la salle de formation ». Une méthode qui a incité les formateurs à faire appel à de nouvelles façons d'enseigner. « Les retours des stagiaires et des formateurs est très positif. C'est une belle image de modernité pour le secteur ». En Fimo et FCO, un passage sur l'un des 131 simulateurs a été bénéfique pour tous les futurs conducteurs et les professionnels, estime Loïc Charbonnier : « Les centres possèdent jusqu'à 3 simulateurs (du groupe Ediser). Nouveauté, on va faire de la formation en réalité virtuelle. Par exemple, le projet développé avec notre partenaire Audace permet d'apprendre à diriger une grue sans nécessité d'équipements lourds ». Le taux de réussite aux examens est passé de 86 à 91 %. L'Aftral dispose d'un parc de 424 porteurs, 130 tracteurs et 170 autocars avec un âge moyen de 7,5 ans. Aftral amorce aussi son virage dans le gaz avec un premier autocar Iveco Bus Crossway et 2 tracteurs Iveco GNC et GNL. Par ailleurs, il poursuit le développement de ses outils d'écoconduite basés sur un nouveau programme, et intégrés à la FCO. Des initiatives prises à la suite de la Convention citoyenne pour le climat. Peter Guillon, directeur délégué général de Promotrans et Pierre de Surône, directeur exécutif du groupe Pour sa part, le groupe Promotrans a dû également s'adapter, explique Peter Guillon, directeur délégué général du groupe : « Pour respecter les arrêtés pour les activités de formations continues et assurer la continuité pédagogique pour les formations initiales (CFA et Ecoles), il a fallu mettre en place des outils permettant à nos candidats de suivre les programmes à distance. Je dois dire que les formateurs se sont très bien adaptés ». Pierre de Surône, directeur exécutif, cite parmi les nouveautés l'instauration de deux créneaux horaires, des parcours optimisés, les « rattrapages » courant 2020, des permis PL et des Titres pro qui se sont maintenus (l'organisme a pu former 40 000 personnes, contre 50 000 en moyenne dans une année normale). « Les formations en conduite sont en forte demande, souligne-t-il. On recherche des candidats en maintenance et aussi en exploitation. On fait aussi face à une croissance des CPF(1) ». La prévention et la sécurité sont désormais mieux intégrés chez Promotrans, qui associe notamment Klesia à l'enseignement des gestes qui sauvent : premiers secours, gestes et postures, prévention des addictions... Les formations de conduite vont de plus en plus intégrer non seulement l'écoconduite, mais aussi « des exercices via une plateforme en ligne maison », précise Peter Guillon. Celle-ci offre 380 modules et des ateliers qui servent à la mise en situation, que ce soit par le digital ou des simulateurs Ediser. Le groupe s'appuie sur une flotte de 250 véhicules, de 150 chariots-élévateurs et de simulateurs PL. Il emploie 850 collaborateurs et dispose de 40 centres. (1) Compte personnel de formation qui permet de financer un permis poids lourd ou encore une Fimo ou un Caces ou une formation en matières dangereuses.