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N°996 - Mars 2021 Texte : Marie Fréor · Photos : X D.R. Dossier formationChristophe Henry, de conducteur routier à formateur Reconversion réussie !Après un parcours professionnel atypique, dont 23 ans de conduite en international, Christophe Henry a entrepris, à l'aube de ses 50 ans, de devenir « enseignant de la conduite et de la sécurité routière ». Et comme il voulait faire ça bien, il y a mis les moyens... Pour lui, cette reconversion est une vraie réussite professionnelle et personnelle.«Lorsque je regarde dans les rétroviseurs de ma vie professionnelle, je me dis que j'ai eu beaucoup de chance. J'ai pu faire le métier qui me faisait rêver lorsque j'avais 10 ans, c'est-à-dire conducteur routier ». Pendant 27 ans, Christophe Henry a sillonné les routes de France et d'Angleterre, dont 23 ans pour XPO Logistics. Parallèlement, il a exercé pendant 20 ans différents mandats d'élu au sein de cette entreprise pour finir coordinateur FO Transport pour le groupe. De fil en aiguille, il a aussi pris des responsabilités syndicales, régionales et nationales. Tout d'abord à la FNCR, jusqu'en 2011, puis à FO Transport. « C'est ainsi que je suis devenu négociateur national pour faire évoluer la convention collective, et que j'ai siégé dans diverses instances : Carcept Prev, OPCA, CPNE, OPTL, OST-CRSA... ». Inspiré par sa fonction de juréC'est une autre de ses fonctions, celle de juré pour évaluer les titres professionnels en marchandises, qui a donné envie à Christophe de devenir formateur, en 2018. « Ma motivation était simple : transmettre mon métier passionnant de conducteur routier, que je continuais à mener en plus de ma vie syndicale. Pour ça, j'avais deux possibilités, soit me contenter de mon expérience pour devenir formateur comme beaucoup d'anciens conducteurs(1), avec quelques jours d'enseignement pédagogique, soit retourner en formation pendant environ une année ».Il choisit de passer un titre d'Enseignant de la conduite et de la sécurité routière, plus une mention « groupe lourd » : « Au vu des résultats que je pouvais voir en tant que juré sur les apprenants formés par les deux types de formateurs, mon choix a été rapide. Transmettre, oui, mais dans les meilleures conditions ! ».Sur les bancs de la formation à 50 ansRetourné sur les bancs de la formation à 50 ans, Christophe a alors une envie féroce de réussir. « Pendant un an, j'ai bossé dur, soir et week-end. Il faut dire que ma femme est assez admirable : tout en travaillant, elle a toujours très bien géré nos deux enfants (13 et 15 ans) et me laisse toute latitude pour aller au bout de mes projets professionnels ».Christophe remercie au passage l'équipe pédagogique du CESR City Pro de Caen, sans laquelle il n'aurait jamais réussi, et particulièrement Liliane Lelièvre, formatrice BAFM depuis quelques décennies : « Elle a toujours été d'une bienveillance et d'une patience exemplaires ». Son titre pro en poche fin 2019, il lui reste à décrocher sa mention « groupe lourd ». C'est chose faite à la mi-20120 malgré quelques perturbations de planning dues au Covid. En septembre, comme prévu, il démarre sa nouvelle vie d'enseignant à l'Aftral de Caen. Un choix logique pour lui qui a toujours été assez proche des centres de formation de branche. « Ce que j'y ai découvert ne répondait pas à mes attentes en termes de management et de méthodes. J'ai donc postulé au CESR City Pro de Caen, là même où j'ai effectué ma formation. Ils m'ont répondu favorablement et rapidement ». C'est donc dans cet organisme que Christophe s'épanouit depuis novembre dernier, au sein d'une « bonne équipe pédagogique solidaire et bienveillante ». Pas de simulateur,rien que la vraie vieComme lui, ses collègues sont diplômés du Bepecaser ou ECSR : « Cela simplifie énormément la pédagogie et l'apprentissage. Supports et matériels pédagogiques au top, une direction toujours à l'écoute. Aucune heure de simulateur de conduite... Tout se fait, comme dans le monde réel, derrière le volant d'un vrai véhicule ! Et on voit la différence... ».Tout à son plaisir d'enseigner au quotidien, Christophe éprouve un réel bonheur à donner à ses élèves de nouvelles perspectives professionnelles.... Et cela lui ouvre les yeux un peu plus chaque jour sur la nécessité d'introduire des thèmes comme le partage de la route. « Cela serait certainement plus efficace pour la sécurité routière que des autocollants sur des angles morts ! ».(1) Des organismes de formation intègrent dans leurs rangs des conducteurs ayant trois ans de conduite dans les cinq dernières années, qu'ils sont censés former en interne (surtout en pédagogie), ce qui est de moins en moins le cas.