presentationequipeabonnementboutiquepubContact

   

N°993 - Décembre 2020 Texte & photos : Marie Fréor Profession L'apprentissage soutenu par des mesures incitatives Un atout pour les jeunes et les femmes Le ministère du Travail a annoncé cet été la mise en place d'un plan massif pour maintenir l'apprentissage. Certains jeunes auxquels la prime alternance de 8 000  € devrait s'appliquer vont se former à la conduite PL. Une bonne occasion pour féminiser un peu plus la profession ! Et grâce à cette incitation, les patrons seront peut-être plus enclins à accueillir des élèves de CAP en alternance. Le plan massif de relance annoncé à l'été 2020 contribue à booster l'apprentissage. Parmi les secteurs concernés, le transport routier avec de futurs conducteurs... et conductrices de camions, qui font défaut sur notre marché comme ailleurs en Europe. Concrètement, une aide financière à l'embauche d'apprentis est versée jusqu'au 28 février 2021 aux entreprises qui embauchent des alternants s'engageant dans une formation d'un ou deux ans de CAP conduite routière(1). Une prime alternance de 8 000 €  Grâce à ces mesures, les patrons qui signent un contrat d'apprentissage y trouvent leur compte : pour eux, un alternant de moins de 21 ans ne représente quasi aucun coût (salaire et charges sociales). Entre 21 et 25 ans, il en coûte 175 € par mois à la société de transport, ce qui reste raisonnable. Comme la plupart des futurs conducteurs routiers en CAP sont majeurs, c'est une prime de 8 000 € qui est versée au transporteur. Les entreprises de moins de 250 salariés en bénéficient sans conditions. En revanche, les plus grandes doivent notamment justifier d'un taux de 5 % d'alternants dans leurs effectifs d'ici 2021. Sinon, elles devront rembourser cette aide. Prime à l'embauche de 4 000 € Pour les jeunes qui sont sur le point de terminer leur contrat d'alternance et dont le patron n'a pas eu la chance de bénéficier de l'aide exceptionnelle du plan de relance (contrat d'alternance signé avant le 1er juillet 2020), il faut savoir que s'il est embauché dans la foulée, le transporteur peut obtenir une aide qui va jusqu'à 4 000 € (en contrat temps plein). Ceci ne vaut que pour une embauche embauche (via un CDI ou CDD de plus de trois mois) avant le 31 janvier 2021. Attention, la prime exceptionnelle alternance n'est pas cumulable avec la prime à l'embauche. Entamer un CFA sans employeur, c'est possible La deuxième mesure du plan de relance est de donner aux jeunes qui veulent rentrer en CFA la possibilité de le faire sans avoir trouvé d'employeur au préalable. L'organisme de formation s'engage dans ce cas à les accompagner six mois durant dans cette démarche. L'Aftral par exemple dispose pour cela de 90 conseillers en recrutement. « Certes, pendant ces six mois de recherche, les jeunes ne sont pas payés puisqu'ils n'ont pas signé de contrat, mais ainsi ils ne sont pas complètement isolés, et c'est rassurant pour les parents de les savoir malgré tout pris en main dans le cadre d'une formation professionnelle », souligne Amélie Lefebvre, référente nationale apprentissage à l'Aftral. « Il est difficile d'évaluer l'impact positif de la prime sur le nombre supplémentaire de transporteurs tentés par le dispositif de l'apprentissage, mais l'Aftral et les autres organismes de formation constatent tous que les effectifs d'apprentis n'ont pas du tout baissé, voire ont légèrement augmenté. C'est forcément lié au plan de relance ! Ces mesures ont dû encourager certaines entreprises qui hésitaient un peu à investir sur un apprenti routier en cette période troublée. » (1)Le CAP peut ne durer qu'un an si l'élève a déjà un autre CAP et le permis B. Auquel cas la rémunération appliquée est celle prévue pour la 2e année. Une incitation qui peut contribuer à une féminisation du métier Les jeunes femmes qui hésitent encore à se jeter dans le bain ont tout à gagner à céder à leur envie de conduire un camion. La formation en alternance est une bonne entrée dans le métier. Les formateurs en entreprise sont bien placés pour constater les atouts qu'une femme peut représenter dans une société de transport. «  Les femmes du métier ont généralement une forte personnalité, explique l'un d'eux. Si jamais un collègue, comme j'en ai vu, leur manque de respect, elles l'envoient vite fait se faire voir ailleurs ! Bien entendu qu'il y encore des remarques déplacées, mais franchement, c'est rare ». Le confort des PL est un atout Les femmes sont certes souvent moins fortes physiquement que les hommes, mais le métier a évolué, les manœuvres sont de plus en plus automatisées et la manutention n'a rien à voir avec celle des 40 dernières années. Les véhicules aussi sont mieux équipés et plus agréables à vivre. En outre, les femmes sont semble-t-il davantage appréciées par les transporteurs, aussi frileux soient-ils au départ. Car en général, elles conduisent différemment, moins brusquement, et soignent davantage le matériel. « Elles consomment moins de carburant et usent moins les pneus puisqu'elles savent doser la pression sur l'accélérateur ». Cela explique des initiatives comme celle menée à Cholet (49), où RAS Interim et ECF ont fait appel à Pôle Emploi pour mettre en place une formation de conductrice PL spécifiquement féminine (POEC ou Préparation opérationnelle à l'emploi collective). Cette formation sera suivie d'un contrat d'apprentissage ou contrat de professionnalisation de 12 mois, avec pour objectif un CDI d'intérimaire ou une embauche en entreprise. Que gagne-t-on en CAP ? La prime est pour le transporteur, mais il est peut-être bon de rappeler que l'élève conducteur perçoit pendant le temps de son CAP un salaire calculé en fonction du Smic, et qui dépend de son âge. Voici le niveau de rémunération prévu par accord de branche TRM : • Entre 18 et 21 ans 51 % du Smic la 1re année et 59 % la 2e année. • Entre 21 et 26 ans 55 % la 1re année et 65 % la 2e. • Plus de 26 ans 100 %.