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N°994 - Janvier 2021 Texte : Loïc Fieux · Photos : Renault Trucks ServiceRenault Trucks Predict Un jour par an de gagnéLancée par Renault Trucks en 2019, la maintenance connectée Predict livre ses premiers bilans. Les flottes qui l'utilisent estiment que le regroupement des opérations d'entretien et la disparition des pannes immobilisantes réduisent d'une journée par an le temps d'immobilisation des véhicules. Pour le transporteur, une journée perdue représente en moyenne 700 € de perte d'exploitation. En anticipant les opérations d'entretien, en les regroupant, en réduisant le temps d'immobilisation et en s'assurant de l'approvisionnement en pièces, Predict apporte de la tranquillité d'esprit aux gestionnaires de flotte.Un pas de plus vers le camion connectéLes transporteurs ne veulent pas de pannes en bord de route et ils souhaitent réduire autant que possible le coût de l'entretien. Quant au réseau Renault Trucks, il souhaite entretenir les véhicules de la marque et fournir leurs pièces détachées. Pourquoi ? Parce que la rechange et les garages indépendants sont des concurrents sérieux dès la fin de la période de garantie.La maintenance connectée conçue par Renault Trucks renforce la relation entre le transporteur et son point de service Renault Trucks. Au sein de celui-ci, c'est l'interlocuteur habituel du transporteur qui le contactera au cas où un problème serait détecté sur l'un de ses véhiculesComment ça marche ?Déjà déployé chez de gros clients comme Delanchy, Lahaye ou TCD, Predict repose sur trois piliers. Avant tout, il y a un plan de maintenance dynamique (PMD) qui ajuste les opérations d'entretien à l'usage réel du véhicule. Il permet une surveillance rigoureuse de la maintenance.Le service s'appuie également sur un suivi des pièces d'usure à l'aide d'un outil mis à la disposition du réseau pour l'analyse de leur fin de vie avant qu'un problème soit signalé au tableau de bord. Enfin, la partie phare de Predict est la prévention des immobilisations. Dans ce but, les organes surveillés (donc connectés) sont ceux qui provoquent 80% des pannes, selon les statistiques du réseau. Il s'agit du freinage et notamment de la cartouche du dessiccateur, du circuit carburant, du volet d'admission, de la valve EGR et du système de dépollution. Tandis que 2700 véhicules étaient déjà suivis par Predict, ils ont déclenché 123 alertes au cours du bimestre juillet-août 2020. Cela représente en moyenne une alerte tous les 44 mois pour chacun d'eux.Dans tous les cas, Predict est un complément au contrat d'entretien établi avec le réseau Renault Trucks. « A terme, tous les contrats seront connectés », précise Patrice Jouannais, directeur des solutions de transport de Renault Trucks. Les contrats d'entretien Start and drive incluent pièces et main d'œuvre, les opérations déclenchées par Predict n'entraînent donc pas de facturation supplémentaire auprès du transporteur. Des cellules de maintenance dédiéesPour que Predict soit activé, le client doit accepter le transfert des données de son véhicule. Il arrive qu'il le refuse dans le cas de transports sensibles. Un an et demi a été nécessaire pour structurer l'offre, car il a fallu créer des cellules de maintenance dédiées au sein des 35 groupes de revendeurs qui constituent le réseau français. Ces cellules sont de nouvelles structures. Elles appliquent de nouveaux processus de gestion et de nouveaux plannings d'entretien fondés sur de nouveaux graphiques d'usure des pièces afin de déclencher les alertes adaptées vis-à-vis du client. Dans plus de 80 % des cas, les cellules de maintenance traitent les alertes en moins d'une journée. Chaque entreprise de transport désigne un contact à qui sont communiquées les infos Predict (le gérant, le chef de parc ou le gestionnaire de flotte).Lancé commercialement sur la gamme T en 2019, Predict s'est ouvert aux C et K en 2020 et sera accessible aux D courant 2021. Par sa télématique, un véhicule Predict est connecté au site Volvo Trucks de Gand (Belgique). Celui-ci traite les remontées d'informations, déclenche des alertes et les transmet au Tech Center de Renault Trucks à Lyon, qui lui-même en fait part à la cellule de maintenance du groupe de référence. Le client est ensuite informé de l'alerte par téléphone. C'est le transporteur qui prend la décision d'arrêter son véhicule, ou pas, pour effectuer l'opération conseillée par Predict. Depuis le camion jusqu'au groupe concessionnaire en passant par Gand et Lyon, les transmissions sont très rapides puisqu'il s'agit d'un flux informatique.Priorité au préventifA terme, la maintenance connectée doit abaisser le prix des contrats d'entretien. Elle réduit le nombre de remorquages et donne la priorité au préventif plutôt qu'au curatif, toujours plus onéreux. Un projet de « portail client » comparable à Volvo Connect est dans les tuyaux. Il est vraisemblable qu'il réunira à terme l'ensemble des services connectés, y compris Predict.Et pour les ateliers intégrés ?En France, 58% des véhicules sont entretenus au moins partiellement par l'atelier intégré du transporteur. Renault Trucks propose ses contrats Fleet (Performance Maxi ou Excellence) aux transporteurs qui disposent d'un atelier intégré. Ils comprennent la fourniture des pièces, mais pas la main d'œuvre si les opérations sont réalisées par le mécanicien du transporteur. Si certaines opérations sont réalisées par le réseau, le contrat s'adapte. Le « panier de pièces » fourni est déterminé par le PMS (plan de maintenance spécifique).Les contrats Fleet fournissent le « panier de pièces » adapté à chaque flotte entretenue par un atelier intégré.Ce panier se fonde sur un plan de maintenance spécifique.Où en est la concurrence ?Avec son service Uptime, Mercedes a une longueur d'avance sur la concurrence. Comme Volvo Trucks, Mercedes a introduit des contrats de service avec paiement à l'usage.Chez Mercedes, pas moins de 1 200 « lois » de détection d'avaries à distance sont déjà actives, voire réactives. Ce constructeur annonce un délai de 240 secondes entre l'envoi d'une donnée technique par le camion et l'information du transporteur après traitement des données et déclenchement d'une alerte. La technique Volvo proche de celle de RenaultDu côté de Volvo Trucks, la maintenance connectée est, sans surprise, techniquement proche de celle de Renault Trucks. Chez tous ceux qui l'ont mise en place, la maintenance connectée est avant tout un moyen d'adapter les opérations à l'utilisation réelle. L'appellation « maintenance flexible » en usage chez Scania témoigne de cet objectif. Chez Man, la maintenance connectée permet le télédiagnostic. Avec des stades de déploiement variés, ce type de maintenance se développe chez tous les constructeurs. Selon le cas, elle revendique, ou pas, une capacité de prédiction des pannes. Vers un paiement à l'usageQuant aux contrats d'entretien auxquels elle s'adosse, la tendance est à leur évolution vers un paiement à l'usage chez Volvo, Mercedes et bientôt Renault. Les autres suivront. Quant à l'Uptime de Daf, ce n'est pas à proprement parler un service de maintenance connectée, c'est une extension au contrat de service.