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Mise en ligne le 8/10/2021 - 8:32 Référence : 56691

La pénurie des chauffeurs en Europe atteint un seuil critique, selon Upply

La plateforme Upply estime qu'il faut s'attendre à une hausse des prix du transport de marchandises en conséquence d'un facteur qui s'aggrave : la pénurie de conducteurs routiers. Ça fait certes des années qu'on entend que le transport routier manque de main d'œuvre de façon chronique. Mais il semble que l'on atteint aujourd'hui un seuil critique, selon une enquête publiée par l'institut de recherche britannique Transport Intelligence en août 2021, à lire ici Plus de 400 000 chauffeurs manquaient à l'appel en 2019 en Europe, dont 43 000 en France.

Ceci dit, c'était donc avant la crise du Covid. Et il serait bon de connaître avec quelle méthodologie Transport Intelligence est arrivé à ce chiffre de 43 000 en France repris en cœur par tous les médias et par les fédérations patronales. Comment les conducteurs manquants sont-ils comptabilisés ? De quels segments s'agit-il ? Les conducteurs d'utilitaires sont-ils intégrés ? Comprendre comment ces chiffres ont été établis permettrait sûrement de mieux cerner le problème de pénurie. Car a priori, quand on se déplace sur le terrain, il ne semble pas que les parkings des entreprises de transport soient encombrés de camions qui ne tournent pas.

Quoi qu'il en soit, les organisations professionnelles et les institutions se mobilisent pour trouver de nouveaux « viviers » de recrues. Le secteur s'efforce d'encourager la féminisation des effectifs. Si la démarche semble avoir rencontré un certain succès aux États-Unis, où la proportion de femmes serait passée de 3 % à 11 %, il semble que les conditions de travail proposées ne permettent pas de séduire massivement le public visé, en tout cas en Europe.

L'Iru (Union internationale des transports routiers) a par ailleurs pensé que les migrants en situation régulière pourraient être formés au métier de conducteur routier. Elle a donc entrepris de sensibiliser les institutions européennes sur les démarches à entreprendre pour les attirer. Mais toutes ces démarches prennent du temps et dans l'immédiat, la pression est forte, comme le montre la désorganisation actuelle des approvisionnements au Royaume-Uni. La bonne vieille logique de l'offre et de la demande reprend donc le dessus, avec une pression sur les rémunérations.

La tendance est donc à l'augmentation des salaires. C'est le cas dans les pays de l'Est depuis quelques années. Aujourd'hui, c'est au Royaume-Uni que l'on assiste aux plus fortes hausses, avec parfois des primes à l'embauche de 1 120 euros) et jusqu'à 15 % de hausse pour garder leurs chauffeurs. La France finira par en arriver là aussi, inéluctablement, répondant ainsi à la damande des syndicats (voir 56668). Les syndicats hollandais ont déjà obtenu une augmentation générale de 3,5 % en juillet 2021 et programmé 3,25 % en janvier 2022. L'ambiance est donc clairement inflationniste et a déjà commencé à se traduire par une augmentation des prix du transport routier.

Par ailleurs, les grosses sociétés de transport des pays de l'Est voient d'un œil noir les nouvelles règles à venir dans le cadre du Paquet Mobilité (à compter du 21 février 2022), qui seront selon elles un frein de plus à l'embauche de nouveaux conducteurs. La Pologne est le pays le plus touché par la pénurie puisqu'il y manquerait plus de 120 000 chauffeurs, alors que le secteur transport et logistique représente en Pologne près de 7 % du PIB (et un excédent de plus de 10 milliards d'euros à lui seul pour la balance commerciale). En 10 ans, le pavillon polonais a connu une croissance fulgurante, disputant la première place à l'Allemagne. Il s'est d'ailleurs hissé sur la première marche du podium en 2017.

Quant au Royaume-Uni, dont on a déjà parlé (voir dépêche n°56349), il a subi le départ de 30 000 chauffeurs européens (polonais, roumains ou bulgares pour la majeure partie) d'abord à cause du covid, puis en raison du Brexit puisqu'ils n'ont ensuite pas pu revenir, étant privés de visa. Résultat, le manque actuel est évalué à au moins 60 000 chauffeurs. Et ce ne sont pas les 5 000 visas accordés aux migrants jusqu'à fin décembre qui va changer grand-chose (voir dépêche n°56611). - MF

Les variations de degré de pénurie selon les pays européens...

Les variations de degré de pénurie selon les pays européens...

 Reproduction autorisée avec mention Routiers.com

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