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Actualités de la route et des transports


18 janvier 2023 - (59248)

FAIT DIVERS, SOCIÉTÉ

Peur sur le port du Havre, théâtre d'un sordide trafic

« Sur les quais du Havre, le lent poison du trafic de cocaïne », titre l'AFP dans sa dépêche sur ce phénomène qui s'aggrave alors que les quais du port sont devenus le premier point d'entrée de la cocaïne sud-américaine en France. Des conteneurs fracturés dès leur sortie du port, vidés de leur précieux contenu et incendiés, voilà les dernières méthodes, plutôt que de ramener le conteneur une fois vidé en prétextant une erreur. Dans l'enquête de l'AFP, il est aussi question d'attaques d'entrepôts de transitaires pour y récupérer les sacs d'un conteneur, ou de camions qui foncent sur des policiers prêts à les intercepter. Pour les trafiquants, ou plutôt leurs petites mains, la prise de risque n'a plus de freins, tant l'appât du gain est grand.

En 2021, 10 t de cocaïne ont été saisies dans les 3 millions de conteneurs qui ont transité cette année-là au Havre. Mais ce n'est sûrement qu'une minime partie de ce qui passe sous le nez des policiers.

Pour faire sortir la drogue, les trafiquants ont besoin de complicités, d'abord chez les dockers, selon un policier interrogé par l'AFP. Ils sont 2 200 à exercer cette profession et sont devenus les cibles privilégiées des trafiquants. Sous la bannière du syndicat CGT, ils règnent en maîtres au milieu des grues géantes et des montagnes de conteneurs multicolores. Et plusieurs ont été condamnés à des peines de prison ferme ces dernières années pour avoir collaboré avec des trafiquants. L'AFP raconte l'engrenage vécu par ceux qui ont raconté. Ça commence par des cartouches de cigarettes ou du parfum et un jour, le docker se retrouve à sortir de la cocaïne. En 2017, les narcotrafiquants offraient 50 000 euros pour déplacer un conteneur, et jusqu'à 75 000 euros pour « autoriser » sa sortie.

Mais attention, si certains dockers cèdent par appât du gain, la plupart le font sous la menace et les pressions, si on en croit les témoignages recueillis par l'AFP, qui a interrogé notamment une avocate havraise. Depuis 2017, une vingtaine de dockers havrais ont été enlevés et séquestrés, selon les autorités. En 2020, l'un d'eux a même été assassiné, et son meurtrier n'a pas été retrouvé.

« Toute la filière de la manutention portuaire se sent en danger », résume un avocat. Depuis l'assassinat, la sécurité des quais a été sérieusement renforcée, sous pression de l'Etat. Quand les douaniers contrôlent un conteneur, ils sont protégés par des collègues armés de fusils d'assaut, car les trafiquants les observent à la jumelle ou par drone. Mais le trafic continue de plus belle, avec au moins 8,5 t de coke saisies au Havre en 2022, selon un policier, qui constate qu'il semble y avoir moins de complicités chez les dockers, qui ont compris qu'ils jouaient avec plus fort qu'eux. L'enjeu est d'éviter de basculer dans la même situation qu'à Anvers ou Rotterdam, où les trafiquants ont recours à des attaques à l'arme lourde. - MF

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